Moi, indécise

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Je suis indécise. Alors dit comme ça, ce n’est pas grand chose. Ça arrive à tout le monde l’indécision, ce n’est pas grave. En principe, ce n’est pas grave.

Depuis quelques temps, j’ai remarqué être prise par ce trait de caractère que je ne me connaissais pas. Ou peut-être que je n’avais jamais particulièrement retenu. Du moins jusqu’à maintenant. Et sincèrement, je m’en serais bien passé. Lorsque faire des choix devient un dilemme, c’est que l’on est atteinte d’une indécision marquée, pesante, omni-présente, pour tout et pour n’importe quoi.

J’ai des traits de caractères que j’aime chez moi, d’autres un peu moins bien-sûr mais d’une manière générale, et absolument sans prétention, j’aime la personne que je suis et encore plus celle vers laquelle je tends à être. J’aime mon ambition, ma bienveillance pour les gens, ma volonté d’aider et d’apporter aux autres du positif. Mais je n’aime pas mon indécision. Je n’aime pas cette hésitation permanente qui me prend sur tous les sujets, sans véritablement m’épargner.

Soupe ou salade ? Haut noir passe-partout ou beige ma couleur fav’ ? Talons féminins ou baskets ultra-conforts ?

Jusque-là, ça va. Enfin ça peut aller, parce que si, finalement c’est aussi fatiguant d’hésiter au quotidien pour des choses aussi banales. Aussi insignifiantes.

Mais quand il s’agit de choisir pour l’avenir, l’indécision est handicapante.

Choisir ses études, son orientation, son compagnon, le lieu où l’on veut vivre. Partir dans le pays de nos rêves ou rester proche de sa famille ? Des questions que l’on est amené à se poser en entrant dans la vingtaine, et surtout, en quittant progressivement la vie d’enfant. Je pense que c’est aussi pour cette raison que faire des choix est pour moi si difficile, c’est le synonyme que l’on rentre petit à petit dans la vie d’adulte. Celle faite de choix.

Je suis cette fille indécise qui a dû faire des choix. Avec du recul, je n’en regrette aucun. Absolument aucun. Mais lorsque je me retrouve dans la situation, celle de devoir choisir, là ça devient difficile. Difficile de décider, difficile de trancher et puis parfois aussi, difficile de s’engager. C’est une fois persuadée d’y être parvenue que cette petite voix arrive sans prévenir et remet tout en question “et si je choisissais l’autre possibilité, cela ne serait-il pas mieux finalement ? “et si ce n’était pas vraiment la meilleure des choses à faire ?“, “et si j’avais su“… des “et si” qui durent longtemps mais surtout des “et si” pour lesquels aucune réponse n’est évidente. Aucune n’est LA bonne réponse. Et si je pense en avoir une, ce sont des suppositions erronées dans tous les cas.

Mais ce que j’ai aussi pu réaliser avec l’indécision, c’est que cela amène à un vrai manque d’emprise sur les situations. Autant dire que pour une personne qui cherche à tout contrôler, à maitriser et à avoir la main sur tout, c’est frustrant. Vraiment très frustrant. En cherchant à prendre la meilleure décision, à trop réfléchir même parfois, on finit par passer à côté de l’échéance. C’est trop tard. Une perte de temps évidente matchée à une décision prise au dépourvu. Au dernier moment.

Et puis finalement, j’essaye de comprendre ce trait de caractère qui me prend en grandissant. Je suis persuadée que tenter de se comprendre est le meilleur moyen de s’améliorer. J’ai mille fois envie de m’améliorer sur ce point là. J’ai envie de pouvoir prendre des décisions et de les tenir, j’ai envie de ne plus -trop- hésiter. Parce que décider, c’est devenir maître de sa vie, j’ai envie d’apprendre à décider. Comme pour continuer sur cette voie et devenir celle que j’ai envie d’être. Alors oui, pour le moment, je suis indécise mais je suis aussi bien décidée à ne plus me laisser bouffer par mon indécision.

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Crédit illustration : Chelsea 

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